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Loups-Garous : Entretien avec François Uzan

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Entretien avec François Uzan, réalisateur de Loups-Garous

Quel lien entretenez-vous avec le jeu Les Loups-Garous de Thiercelieux ?

Pour moi, ce jeu est synonyme de moments de convivialité estivaux en famille. Même quand on y joue peu, on vit avec cette boîte rouge dans notre champ de vision : elle traîne toujours dans un coin, sur une table basse, une bibliothèque… Cela dit, avant de me lancer dans ce projet, je n’avais pas conscience de toutes ses subtilités, qui m’ont ensuite servi à huiler les rouages de mon récit. On connaît tous les loups-garous, les villageois ou la petite fille qui entrouvre les yeux, mais j'avais moins en mémoire les pouvoirs exacts du voleur ou du chasseur par exemple… 

Quelle fut l’étincelle initiale de ce projet ?

C’est une idée du producteur Clément Miserez, qui avait déjà coproduit mon long-métrage précédent On sourit pour la photo. Vers la fin de la postproduction de ce film, Clément a posé la boîte du jeu sur ma table et m’a fait part de son désir d’en faire un film dans la mouvance de Jumanji. Cela m’a spontanément inspiré quatre pages de script : une famille qui joue aux Loups-Garous et se retrouve propulsée dans le jeu et dans le temps ; la confrontation au Moyen Âge ; le fait que chaque membre possède un pouvoir dérivé de ceux du jeu ; et le fait que, pour rentrer chez eux, sauver leur peau et retrouver leur époque, ils doivent participer à une partie grandeur nature et la gagner. Cette approche a plu à Asmodee, la société éditrice, et je me suis mis à écrire le scénario, avec l’aide de Céleste Balin pour le structurer. 

On sent le film habité par un fort amour des comédies familiales, du cinéma des années 1980 et 1990 et de la pop culture…

En me lançant dans ce projet, je me suis dit que j’allais enfin pouvoir écrire et réaliser un film qui ressemble à ceux qui m’ont donné envie de faire du cinéma, à savoir : Indiana Jones et la dernière croisade – j’ai dormi pendant plus de vingt ans avec l’affiche au-dessus de mon lit ! -, Ghostbusters et Retour vers le futur. C’est tout ce corpus de grands films d’aventures américains comprenant une part de fantastique et de surnaturel qui m’a bercé. À ces titres s’ajoutent un corpus de comédies françaises qui va de de Funès aux Visiteurs, en passant par la série Kaamelott. Loups-Garous se situe au croisement de ces cinéphilies. 

La famille était déjà au centre de votre film On sourit pour la photo. 

Dans On sourit pour la photo, j’en emmenais une en Grèce, dans Loups-Garous, j’en embarque une autre au Moyen Âge ! La famille, c’est mon terrain de jeu. Ayant grandi porté par une culture familiale très forte, c’est ce que je connais le mieux et ce qui nourrit mon imaginaire.  

Comment avez-vous pensé et composé la famille Vassier cette famille-ci ?

Je me suis fondé sur la mécanique classique des super-héros, en cherchant, pour chaque personnage, quelle était sa faille narcissique et en lui attribuant un pouvoir correspondant, qui soit à la fois une bénédiction et un fardeau. Je souhaitais que cette famille soit composée de plusieurs générations, y compris parmi les enfants, qui ont 9, 15 et 20 ans. Le temps, sous toutes ses formes, est un thème qui me fascine. On sourit pour la photo traitait aussi du temps qui passe. Dans Loups-Garous, le personnage de Franck Dubosc se voit dans son père qui vieillit, celui de Jean Reno constate aussi qu’il a pris de l’âge en regardant son fils. Je voulais que cette famille soit recomposée et forme une cellule soudée, avec cette question centrale en trame de fond : lorsque les emmerdes arrivent, s’angoisse-t-on de la même façon lorsqu’il s’agit de son enfant ou de celui de sa ou son partenaire ? Ces trois générations rassemblées – grand-père, parents, enfants – dans une comédie d’aventures m’offraient plein de fils à tirer.

Pour le personnage de Clara, la fille métisse de Franck Dubosc, je voulais présenter un autre visage de la France d'aujourd'hui (mais sans en faire de trop ni singer la référence aux "Sarrasins" des Visiteurs, bien sûr). 

Cette famille est à la fois unie et traversée de failles…

Il y a un mouvement centrifuge au sein de cette famille : la rotation de la vie fait que les corps s’éloignent les uns des autres. Sans qu’il y ait de grande crise, les Vassier, comme nombre de gens, ont des problèmes quotidiens : le grand-père sent son esprit dériver, le couple des parents a perdu de sa passion, les enfants grandissent… Je me suis dit qu’il fallait alors que l’aventure qu’ils vont vivre engendre un mouvement inverse et les rapproche. Lorsque le père découvre sa femme vêtue en tenue moyenâgeuse, il la regarde autrement et lui signifie qu’il la trouve belle, par exemple. Cette famille devait plonger dans ce jeu avec pour enjeu de résorber ses failles et se ressouder. 

Comment avez-vous réparti les pouvoirs prévus par le jeu au sein de cette famille ? 

Le défi consistait à transformer ces pouvoirs en super-pouvoirs de cinéma. Tous ont nécessité une transposition. Ainsi celui de la voyante, par exemple, est-il devenu une capacité à lire dans les pensées. Celui du chasseur, qui permet de répliquer en tuant quelqu’un avant de rendre l’âme, n’était pas cinématographique et un peu trop violent, je l'ai donc transformé en force surhumaine. La petite fille, elle, est devenue invisible. Le voleur est capable de changer d’apparence. Une fois ces transpositions faites, il a fallu établir des correspondances avec les personnages. Dès le début, je savais que la cadette de la famille, la petite Louise de 9 ans, serait un loup-garou. J’aimais aussi l’idée que le grand-père, affaibli au présent, se retrouve doté d’une très grande force une fois dans le jeu. Chacun reçoit le pire et le meilleur pour lui, qui lui permet d’évoluer au cours du film. 

« Je est un autre » grâce au « Jeu » !

Absolument ! Mais chaque pouvoir est lié à l’identité de chacun. C’est la caractéristique propre à chaque personnage qui influence l’attribution du pouvoir. C’est la base de tous les films de super-héros : un personnage, une identité, une névrose, un super-pouvoir !

Le principe du jeu Loups-Garous est indexé sur le doute et le soupçon. Comment avez-vous incorporé ces notions à votre récit ?

C’était délicat. Je ne voulais pas faire un whodunit, un film de mystère et d’enquête. La première fois que j’ai discuté avec Hervé Marly et Philippe des Pallières, les créateurs du jeu, ils m’ont demandé ce qu’il représentait pour moi, et ma réponse fut spontanée : le mensonge et la dissimulation ! C’est pourquoi le père ne révèle pas son super-pouvoir à sa femme ; c’est pour mieux l’utiliser. Le doute entoure la petite fille : est-elle ou non un loup-garou ? Ment-elle ou non ? Pour autant, il s’agissait d’en faire une comédie familiale d’aventures et de revenir constamment à cette question : qui des loups-garous et des villageois va gagner ? Ça, c’était mon compas. Le doute et le soupçon, on les trouve dans le film, bien sûr, mais en filigrane. Pour ma part, j’aime énormément l’idée que le père sache lire dans la tête de sa femme, cela correspond à un fantasme que nous sommes beaucoup à partager, un peu comme Mel Gibson dans Ce que veulent les femmes. 

En outre, la duplicité et le mensonge sont d’excellents vecteurs de comédie et des révélateurs pour chaque personnage. Par exemple, Clara a caché à son père qu’elle a arrêté la fac et lorsqu’il le découvre, elle disparaît et ne peut plus se faire engueuler ! J’aime beaucoup le fait que chaque personnage ait son secret. 

Dans ce film, le fun et la cruauté cohabitent, et le péril menace… 

Qui dit aventure dit danger de mort ! Il fallait qu’on frissonne pour les personnages sans pleurer pour autant. D’où la séquence où la mère se retrouve sur le bûcher, accusée de sorcellerie. Le spectateur doit, là, se demander comment elle va en réchapper. Il y a des exécutions, des morts (même si elles sont toujours hors-champ) et le péril est à tous les coins de rue : on  espère ainsi en permanence que la famille pourra s’en sortir. D’où l’importance aussi de rester au premier degré tout du long du récit et de s’abstenir de clins d’œil. Tout cela n’empêchant pas la comédie, bien sûr.

Pourquoi 1497 comme ancrage historique à cette histoire ? 

[Attention spoiler] Pour Léonard de Vinci ! C’est la personnalité qui fait la jointure entre le Moyen Âge et la Renaissance la plus identifiée au monde. Comme dans Indiana Jones ou Retour vers le futur, j’aimais que mes personnages croisent une célébrité au milieu de leur voyage. De Vinci me fascine. Il a tout fait : il a inventé le parachute, alors pourquoi pas la guitare électrique ?! Avec ce génie, tout passe ! Cet homme était artiste, inventeur, bisexuel avéré… Il met mon imaginaire en ébullition. Au début, le récit devait se dérouler en 1476, époque à laquelle da Vinci, qui avait 24 ans cette année-là, fut accusé de viol et dut fuir Florence avant d’être acquitté. Quand j’ai revu Bruno Gouery, que je connaissais depuis longtemps, il m’a rappelé qu’il était d’origine italienne et a pris l’accent : il était parfait ! J’ai donc un peu vieilli mon Léonard pour qu’il ait son âge et transposé mon récit en 1497. 

D’où vous vient ce goût pour les voyages dans le temps ?

Peut-être du fait que je viens d’une famille qui conserve beaucoup de photos et pour qui l’héritage des anciens est important. Lorsque j’étudiais le scénario, j’avais écrit Trois fois moi, l’histoire d’un homme de 40 ans qui, un beau matin, se réveillait avec deux versions de lui-même dans son salon : lui à 15 ans et lui à 70 ans. Le voyage dans le temps comme forme de voyage intérieur m’amuse, et j’aime jongler avec d’autres époques. 

Vous êtes-vous documenté sur les procès en lycanthropie (accusation de métamorphose d’un humain en loup-garou) et en sorcellerie au Moyen Âge ?

Oui, et notamment sur ce qui s’est passé dans certaines régions où des procès ont eu lieu. Ce qui m’intéresse surtout avec ce sujet, c’est la duplicité, l’idée de la bête en nous, de la métamorphose. Les sorcières sont à la mode en ce moment et souvent associées aux mouvements féministes. À travers le personnage de Marie, j’avais envie de raconter aussi qu’une femme avocate, qui est éduquée et sait parler anglais, a donc toutes les chances, en débarquant en 1497, d’atterrir sur le bûcher ! 

Comment avez-vous travaillé à créer un univers moyenâgeux, où les matières semblent tangibles ?

Le projet n’était pas de réaliser un film d’aventures sur fond vert. Pour que le résultat soit beau et ait l’air vrai, il fallait trouver des artifices réalistes. Ce qui a été rendu possible en tournant dans le village médiéval reconstitué des Studios Barrandov à Prague. Ces décors plus vrais que nature étaient fondamentaux pour moi, car je savais qu’ils allaient influer sur le jeu des comédiens. Dotés de vrais murs en pierre, ils vous propulsent instantanément au Moyen Âge. Cela nous a permis de tourner à 360 degrés sans tomber sur le moindre stigmate contemporain. Suzanne, Franck, Jean, les jeunes, tous avaient l’impression de naviguer dans le vrai Thiercelieux. Ce décor permettait de tourner dans des rues de cent mètres de long, avec deux cents figurants costumés, des animaux, et tout cela donne l’illusion de voyager. 

Comment avez-vous conçu les loups-garous, qui, eux aussi, ont l’air organique ?

Ce sont de vraies créatures dotées de poils, conçues pour des comédiens montés sur des échasses, qui vous procurent une sensation très particulière lorsque vous les affrontez. Nous avons fait appel au leader européen qu’est l’Atelier 69 à Paris, qui a réalisé les effets spéciaux et les “créatures” du Règne animal de Thomas Cailley. Il fallait que le loup-garou ressemble à l’humain dont il est issu. Il m’a fallu caster les comédiens qui allaient devenir loups-garous avant de commencer à crayonner les créatures. Il s’agissait de trouver le bon réglage quant au niveau de peur qu’elles suscitaient. Il était entendu que le film ne devait pas trop effrayer. Loups-Garous n’est pas un film d’horreur ! Des enfants de 9 ans doivent pouvoir le regarder. Ces bêtes devaient être impressionnantes, mais pas terrifiantes. Il fallait aussi trouver le curseur entre le loup et l’humain, qu’ils soient nus et qu’on puisse lire l’humanité dans les yeux et le visage. Daniel Carrasco, un artiste espagnol qui a travaillé avec Guillermo del Toro, nous a dessiné le look de nos loups-garous. Il a ensuite fallu trouver la structure osseuse – nos loups-garous faisant environ cent trente pour cent de la taille d’un humain -, et construire des costumes avec des digilegs, des sortes d’échasses incrustées dans les costumes. Chaque costume a été "poilé" à la main par des poileuses sur un lycra spécial. Nous avons travaillé avec des performers, mi-acteurs mi-cascadeurs, et avons designé ces costumes sur eux. Sachant que nous avions, pour chacun, une tête pour les cascades et une autre, animée avec plein de moteurs à l’intérieur, pour les gros plans. Là-dessus s’est greffé un tout petit peu de 3D pour que ce soit encore plus réaliste. Tout cela a nécessité entre deux et trois heures de maquillage pour les performers, qui, à la cantine, ne pouvaient pas quitter tout leur costume ! 

Comment avez-vous composé votre casting ?

Il a commencé avec Franck Dubosc. J’avais, dès le début, fait le choix d’un film populaire et avais envie d’un acteur à fort capital sympathie, qui puisse endosser une charge héroïque, et soit un génie de la comédie. Franck, au même titre que de Funès, possède ce génie. Il a accepté le rôle après la première lecture et fut la pierre angulaire du casting. 

Il s’agissait ensuite de lui trouver une épouse et un père. Nous cherchions un couple inédit, or Franck a tourné avec beaucoup de femmes ! Et j’aimais l’idée de chercher un contrepoint à son iconographie. J’admirais Suzanne Clément pour ses films aussi bien sous la direction de Xavier Dolan que de Nakache et Toledano. Elle a tout de suite accepté la proposition. Je crois que Franck et Suzanne avaient envie de jouer ensemble. Ils viennent d’univers différents, ce qui les rendait très curieux l’un de l’autre. Ce fut la magie de leur collaboration : sur la comédie pure, ils se sont bien renvoyé la balle, et sur les scènes d’émotion, comme dans la prison, ils étaient formidables. C’était Federer-Nadal, capables de s’élever mutuellement ! 

Jean Reno dans le rôle du grand-père s’est imposé à tous. Son charisme est impressionnant. À son arrivée sur le plateau, les deux cents figurants se sont mis à applaudir. Jean Reno promène avec lui des décennies de cinéma, des rôles forts dans des films marquants. Bien sûr, la référence aux Visiteurs m’a fait m’interroger, mais pas bien longtemps, car son rôle n’a rien à voir. J’étais heureux qu’il puisse faire partie de cette aventure-là. 

C’était un défi pour moi de tourner avec des enfants. Pour les trouver, j’ai travaillé avec la directrice de casting Sylvie Brocheré. Alizée Caugnies, Lisa Do Couto Texeira et Raphaël Romand ont été formidables du début à la fin du tournage. Lisa était capable de vraies parties de ping-pong dans son jeu avec Franck, tout en parvenant à être tendre. Alizée était plus qu’investie au point de ne jamais vouloir quitter le plateau. Quant à Raphaël, il avait à marier le côté adolescent nonchalant de son personnage et un vrai dynamisme, notamment dans les scènes d’action, et y est parvenu.  

Pour les personnages secondaires, j’ai immédiatement eu envie de confier le rôle du capitaine à Grégory Fitoussi, que j’adore. Il a un côté prince charmant avec une once de noirceur ; il est parfait. Bruno Gouery a la fantaisie, la tendresse, la folie dans l’œil qui convenaient à merveille pour incarner Léonard de Vinci. Et pour jouer l’ancêtre du père, Jonathan Lambert était excellent, lui aussi. Il est arrivé avec des suggestions, dont on a gardé les trois quarts tant elles étaient pertinentes. David Salles, en bourreau, n’avait que quelques scènes et était aussi exceptionnel. Tous ont composé une petite troupe qui m’a enchanté. 

La chanson populaire et son pouvoir de séduction sur le public tiennent une part importante dans votre histoire. Comment avez-vous composé la bande originale ?

C’est un anachronisme au premier degré. Je suis fan des chansons populaires des années 1990, dont celles de Jean-Jacques Goldman qu’on entend vers la fin avec J’irai où tu iras. En écrivant, le nom de « Daniel Baladin » m’est venue à l’esprit par association d’idées. Puis l’envie de jouer avec des tubes de Johnny Hallyday. Franck Dubosc s’est préparé à chanter Allumer le feu et a embarqué les figurants avec cette chanson. Nous avons aussi joué avec des titres de Michel Sardou et Céline Dion. Dans la mesure où ces chansons constituaient des anachronismes, il fallait que tout le reste du score soit totalement au premier degré et corresponde à l’idée que je me fais du film d’aventures. Or, qui dit film d’aventures, dit souffle, et dit musique aussi. Cela autorise les violons et les cuivres en nombre ! La rencontre s’est faite avec Guillaume Roussel. Guillaume fait partie de l’écurie de Hans Zimmer, il a travaillé sur de grosses productions, le souffle, ça le connaît ! Je lui ai dit aussi que j’avais envie d’un thème qu’on puisse fredonner. Il a donc travaillé sur ceux des loups-garous, de la famille, de Louise, etc., et m'a proposé un score à la fois épique et touchant… juste parfait.

Nous avons beaucoup réfléchi au son que pouvait produire un luth électrique, et nous avons finalement mélangé du luth, de la guitare acoustique et électrique… Avec Guillaume, on donc a joué aux apprentis sorciers, un peu comme aurait pu le faire De Vinci !

Quels étaient vos partis pris de mise en scène ?

Ne pas me brider ! J’ai eu le plaisir de travailler avec le chef-opérateur Denis Rouden, qui a tourné un nombre impressionnant de films spectaculaires. Nous nous sommes tout de suite trouvés. Nous avons beaucoup travaillé avec la machinerie, avec des rickshaws, des drones, etc. Il fallait que l’ambition que nous avions à l’écriture se retrouve à l’image jusque dans la scène de combat final avec le loup-garou. Il s’agissait de créer du spectacle. La lumière devait harmoniser le tout et coller avec l’idée du Moyen Âge. Nous avons utilisé beaucoup de nuits américaines. Denis a su composer une lumière élégante, jamais tape-à-l’œil. Et nous avons également utilisé beaucoup de vrais effets visuels faits à la main.

Quelle était votre ligne directrice pour les couleurs, à l’image et aux costumes ?

Que cela fasse épique sans faire pacotille. On a tendance à associer le Moyen Âge au gris, or, Charlotte Betaillole, qui signe les costumes, m’a tout de suite rendu attentif à cette idée fausse. Les couleurs étaient très présentes, mais ne tenaient pas de la même façon. 

Avec Charlotte, nous avions des références : Han Solo pour Daniel Baladin, Pirates des Caraïbes pour la mère, pour Jean Reno, nous lorgnions du côté de Belmondo dans Cartouche. L’équipe de Charlotte a fait aussi beaucoup de recherches livresques, et m’a fait essayer plein de tissus différents correspondant à l’époque. Tout cela a composé un Moyen Âge à la fois réaliste et un peu pop, avec, j’espère, des tenues iconiques pour chaque personnage.

Quelle cadence souhaitiez-vous pour ce récit d’aventures ?

J’ai travaillé avec Yann Malcor au montage et ce fut une belle rencontre. Comme pour tout le reste, il s’agissait de trouver le juste équilibre entre l’aventure, l’émotion et la comédie. La musique de Guillaume Roussel nous a beaucoup inspirés. Yann vient aussi de la pub et du clip, son sens du rythme est très développé. C'est en grande partie au montage que le film a trouvé sa musique, son rythme et sa structure finale. Jouerez-vous désormais de la même manière aux Loups-Garous de Thiercelieux ?

Pour moi, le film et le jeu existent dans deux univers parallèles. Avant, ce jeu était associé à la notion de plaisir ; aujourd’hui s’ajoutent des souvenirs de tournage. Et je crains désormais, si je suis la voyante, d’être très déçu de ne pas parvenir à lire réellement dans les pensées des autres ! 

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