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Romy Schneider en neuf grands films (portrait)

Romy Schneider en neuf grands films (portrait)

La collection Romy sur Netflix (à partir du 16 mars 2022): netflix.com/romy

Pour accompagner l’hommage de la Cinémathèque française à Romy Schneider, Netflix s’est enrichi de neuf titres qui éclairent les multiples visages et talents de la comédienne. Tour à tour amoureuse candide, amante passionnée, femme libre et affranchie, tragique et flamboyante, Romy se dévoile en neuf opus incontournables. L’occasion de retracer un parcours hors du commun, souvent marqué par la tragédie mais toujours par la passion.

En 1958, à vingt ans à peine, Romy Schneider s’est déjà imposée comme une immense vedette en Autriche et en Allemagne grâce à la saga des Sissi. Mais elle ne tient pas à rester cantonnée dans ce rôle corseté d’impératrice et, surtout, elle entend bien dicter ses choix. Frappée par la beauté fulgurante du tout jeune Alain Delon, encore inconnu du grand public, elle recommande celui-ci au réalisateur Pierre Gaspard-Huit pour partager l’affiche de CHRISTINE avec lui. Les rapports entre les deux jeunes gens sont d’abord houleux, mais ils ne tardent pas à tomber passionnément amoureux l’un de l’autre – jusqu’à devenir inséparables.

Si le couple se reforme de manière fugace dans PLEIN SOLEIL (1960) de René Clément, où l’actrice ne fait qu’une apparition, ils se retrouvent neuf ans plus tard dans LA PISCINE de Jacques Deray, alors qu’ils sont séparés depuis cinq ans. Cette fois, c’est Delon qui impose Romy. L’actrice avait en effet suspendu sa carrière, vivant désormais à Berlin avec son mari Harry Meyen. D’abord réticent, Jacques Deray accepte d’engager Romy Schneider en comprenant que la complicité naturelle qui la lie à Delon ne pourra qu’être bénéfique au couple Marianne/Jean-Paul du film. Entre ces deux tournages aux côtés de son ancien amant, Romy Schneider, encore encombrée par son image de Sissi, cherche à travailler avec les plus grands cinéastes de son époque : elle rencontre Orson Welles et le convainc de lui confier le rôle de Leni dans LE PROCES (1962). C’est la première fois que l’actrice apparaît aussi mystérieuse, et aussi libre, et qu’elle joue sans maquillage. Sa prestation lui ouvre les portes d’Hollywood : elle signe un contrat de sept ans avec la Columbia, mais qu’elle rompra prématurément, ne supportant pas le carcan imposé par le système des studios.

Après l’immense succès de LA PISCINE, la carrière de Romy est relancée. C’est alors qu’elle fait une rencontre miraculeuse en croisant la route de Claude Sautet. Pour LES CHOSES DE LA VIE (1969), leur première collaboration, l’actrice insuffle à Hélène, son personnage, sa présence solaire. « Dès le début du tournage, j’ai compris que j’avais eu la chance de rencontrer une comédienne et une femme, à un moment magique », complète le réalisateur. À la fois vulnérable et forte, authentique et sublime, elle imprime au film sa sensualité et sa lumière. Deux ans plus tard, Romy Schneider bouscule plus que jamais son image en incarnant une prostituée dans MAX ET LES FERRAILLEURS, de nouveau sous la direction de Claude Sautet et aux côtés de Michel Piccoli. Vêtue de son imper en skaï noir, Romy irradie en femme profondément sincère face à un Piccoli glacial et monstrueusement calculateur. Mais la collaboration entre l’actrice et le cinéaste trouve son point d’orgue avec CESAR ET ROSALIE (1972). Jamais sans doute Romy Schneider n’aura été aussi libre que dans ce triangle amoureux où elle balance entre deux hommes qui l’aiment – le premier (Yves Montand) de manière étouffante, le second (Sami Frey) avec trop de détachement.

Avec L’IMPORTANT C'EST D'AIMER (1975) d’Andrzej Zulawski, Romy Schneider franchit un pas supplémentaire dans l’exploration d’une âme tourmentée, presque sous forme d’introspection, puisqu’elle y incarne une actrice – certes ratée – en souffrance. Lorsque le réalisateur polonais lui propose le rôle, elle n’hésite pas une seconde. À l’écran, sa détresse, nourrie par sa vie personnelle, nous déchire l’âme. Dans la première séquence, inoubliable, l’actrice de porno qu’elle incarne doit s’exclamer « Je t’aime » sans y parvenir. Tandis que sa détresse est captée par un photographe de passage, elle l’implore :« Je suis une comédienne, vous savez, je sais faire des trucs bien.» Elle remporte son premier César, ô combien mérité.

Un an plus tard, Romy Schneider change radicalement de registre. Dans UNE FEMME A SA FENETRE de Pierre Granier-Deferre, elle campe l’épouse d’un diplomate et séducteur désargenté dans la Grèce de 1936, bientôt en proie à un coup d’État. Pourtant, même si elle semble profiter de ses privilèges, cette femme, comme la plupart des héroïnes chères à Romy, est une passionaria attentive aux élans de son cœur. 

Enchaînant désormais les rôles à une vitesse fulgurante, comme si elle pressentait que le temps lui était compté, elle nous quitte en 1982, sans qu’on n’ait jamais pu élucider les causes de sa disparition…

Equipe RP France

French PR Team

france-pr@netflix.com