Divertissement
3 juillet 2025Annoncés à Séries Mania en mars dernier, les nouveaux documentaires de Netflix se précisent, tandis que le programme phare, Love is Blind, s’apprête à faire son arrivée, dans sa version française, en septembre prochain. Dolorès Emile, Directrice des documentaires et des programmes de Flux a répondu aux questions de Spoilers, l’occasion d’en savoir plus sur les raisons du succès de programmes de non-fiction sur Netflix et de découvrir ce qui nous attend avec la version française de l’émission de matchmaking la plus populaire du moment.
Lors de Séries Mania, en mars dernier, vous évoquiez l’arrivée de plusieurs documentaires dont L’affaire OM-VA. Celui sur le fameux bus de Knysna, Le Bus : les Bleus en grève devrait également bientôt être disponible. Quelle est l'intention de Netflix en se tournant vers ces sujets très orientés sport?
Notre intention est très claire : nous voulons nous positionner sur l'envers du sport. Nous allons continuer à investir dans ce domaine. C'est une arène très conversationnelle, qui relève de la pop culture. Avec ces histoires-là, notamment "Les Bleus" et "OM-VA", on mêle le scandale et le sport et ce sont deux terrains de jeu qui plaisent énormément à notre audience.
Toujours à l’occasion de Séries Mania, vous aviez aussi annoncé Cocaïne Cargo, qui semble être dans la même veine qu' Y a-t-il un dealer dans l’avion. Comment ce projet est arrivé à vous ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Cocaïne Cargo n’a rien à voir avec Y a-t-il un dealer dans l’avion ? Ce sont deux projets totalement différents, tant sur le fond que sur la forme. Cocaïne Cargo est une série beaucoup plus sombre et grave, qui s’intéresse à la manière dont la France est devenue l’une des principales portes d’entrée de la cocaïne en Europe. L’histoire débute par un meurtre commis au Havre, et l’ouverture de cette véritable boîte de Pandore révèle l’implication de certains dockers, très proches des cartels colombiens. On est donc loin du ton plus loufoque et de l’approche de Y a-t-il un dealer dans l’avion ?
Cette histoire nous a été pitchée par Elephant, via son label Ever Prod dirigé par Amandine Chambelland. Cédric Jiménez s'est passionné pour ce sujet et a voulu le produire, puis a amené Just Philippot à la réalisation. Nous avions déjà eu des conversations avec Cédric en matière de fiction, et il nous avait fait part de son envie de faire du documentaire en voyant ce que nous produisions sur Netflix. Cela s’est donc fait naturellement.
Ces formats documentaires, films ou séries, comme De rockstar à tueur : le cas Cantat ou Y a-t-il un dealer dans l’avion, ont très bien fonctionné auprès des abonnés de Netflix. Qu’est-ce qui, selon vous, explique ce succès?
Je pense que ces histoires sont bien choisies et qu'elles racontent quelque chose de notre époque. Par exemple, même si l'affaire Cantat est une histoire assez ancienne, ce qui marche, c'est qu'elle a toujours un ancrage dans des conversations très actuelles. Ce n'est pas une histoire anecdotique ; elle parle de violences conjugales et d'autres sujets qui résonnent beaucoup auprès des gens. Ce n'est pas juste une histoire du passé, mais une histoire qui vient interroger la société, notre manière d'appréhender les violences conjugales, ou le traitement médiatique de l'époque. C'est tout cela qui rend ces histoires intéressantes et que nous choisissons d’accompagner. Pour Y a-t-il un dealer dans l’avion, c’est clairement notre appétence pour les histoires extraordinaires. Celle-ci commence par l'arrestation en République dominicaine à Punta Cana et se termine par l'évasion de quatre Français grâce à des membres du RN, c’est complètement ubuesque. Nous cherchons des histoires avec des rebondissements, des personnages haut en couleur et des actions surprenantes, dignes des codes de la fiction.
Dirigeons nous désormais vers Love is Blind, ou plutôt, comme le veut son titre français, Pour le Meilleur et à l'Aveugle. D’ailleurs, pourquoi ce changement de titre par rapport à l'original ?
En fait, chaque pays adapte le titre original. Quand vous êtes sur Netflix, vous voyez Love Is Blind Argentine ou Love Is Blind Italie, mais dans chaque pays de destination, ils ont leur propre nom. Nous avons choisi de franciser le titre avec Pour le Meilleur et à l'Aveugle, comme nous l'avons fait avec Nouvelle École - qui est l'adaptation de Rhythm + Flow. Afin de toucher au mieux notre audience française, nous avons souhaité choisir un titre qui soit à la fois explicite pour ceux qui ne connaissent pas les versions étrangères et qui reprend également la formule consacrée des mariages : "Pour le meilleur et pour le pire". Mais si vous êtes à l’étranger, vous verrez toujours Love is Blind France.
Dans chaque version de Love Is Blind, on peut remarquer des spécificités culturelles. Qu'est-ce qui a été surprenant lors du tournage et de la préparation de la version française par rapport à d'autres pays ?
Ce qui est différent, c'est peut-être l'âge auquel les gens sont prêts à s'engager et à se marier. Le casting a été long et exigeant, car nous cherchions des gens sincères. La moyenne d'âge du mariage en France est plus élevée qu'aux États-Unis, où les gens se marient plus jeunes (autour de 24-25 ans). Nous avons donc cherché des hommes et des femmes suffisamment mûrs et prêts pour cette expérience, avec un casting plutôt générationnel, des gens ayant réussi leur vie professionnelle et cherchant l'amour qui leur manque. Concernant le déroulement, le concept même des capsules impose de parler de tout. Les candidats ont des briefings quotidiens pour poser toutes les questions importantes. Au début, les Français ont mis un peu de temps à se livrer ; il a fallu les briefer et re-briefer. Mais la parole s'est très vite libérée. Sur certains sujets, les Français ont été plus pudiques, mais le cadre des capsules a rapidement encouragé l'ouverture. Une particularité française est la présence de beaucoup de triangles amoureux et de changements de décision, c'était très "French love", avec des gens qui tombent vite amoureux et passent aussi vite à autre chose.
Pourquoi Love Is Blind connaît-il un succès mondial aussi retentissant à notre époque, où les rencontres semblent difficiles et dominées par les applications ?
La recherche de l'amour est universelle. Nous vivons une époque où les gens ne prennent plus le temps de rien, jugent très vite sur les réseaux sociaux. Pour cela, l'expérience est très bien organisée. Être déconnecté, sans téléphone, sans influence extérieure, et prendre une décision seul est une forme de lâcher prise qui fonctionne. Cela permet d'être vraiment soi-même et de prendre le temps d'écouter l'autre. Beaucoup de participants ont dit que c'était intéressant de parler sans être impressionné par le physique, d'être libre d'être qui l'on est. Il y a une libération dans ce concept qui plaît beaucoup. Et pour le spectateur, c'est très jouissif de voir les gens arriver avec leurs goûts et de les voir tomber amoureux de quelqu'un qui ne correspond pas à leurs critères habituels. Le défi de dépasser les apparences est réel. C'est un concept qui crée un effet miroir : on peut se projeter et se demander comment on réagirait dans une telle situation, si on serait capable de s'engager avec quelqu'un qu'on n'a jamais vu, et de dépasser le physique si la personne ne correspond pas à nos attentes.
Le couple de présentateurs en France est le judoka Teddy Riner et sa compagne Luthna Plocus. Qu'est-ce qui a motivé ce choix, plutôt inattendu, car on ne les imaginait pas de ce rôle d’animation ?
Au début, j'étais comme vous, je ne voyais pas le rapport avec Teddy Riner. Mais en le rencontrant, nous avons découvert qu'il était un fan inconditionnel de l'émission, il avait tout regardé. C'est lui qui nous a convaincus, c'était une évidence. Nous ne cherchions pas un animateur classique, froid, qui se contenterait de donner les règles. Nous voulions quelqu'un qui puisse être une sorte de grand frère, un exemple, qui rassure et donne des conseils. Teddy Riner a partagé son expérience personnelle : sa femme a quatre ans de plus que lui, et au début, elle ne voulait pas sortir avec lui, car il ne correspondait pas à ses critères (il habitait chez sa mère, était sportif de haut niveau, ne gagnait pas sa vie). Il a attendu quatre ans qu’elle change d’avis. Et ils ont fini par écouter leur cœur. Et ils ont bien fait puisque cela fait maintenant 18 ans qu’ils sont ensemble. Teddy et Luthna ont apporté une énergie rassurante et de "grand frère et grande sœur". Leur réaction avec les participants a confirmé que nous avions fait le bon choix. Ils se sont vraiment investis, partageant leur expérience et conseillant les participants dans les moments clés.
Pour le meilleur et à l’aveugle sortira le 10 septembre sur Netflix.
Équipe Presse - Netflix France
france-pr@netflix.com
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