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Entretien avec George Kay, le créateur de Lupin : « Je voulais montrer l’autre visage de Paris »

Lupin
Lors du tournage au Cimetière du Père Lachaise

Nous avons eu le plaisir d’échanger avec George Kay, auteur et showrunner de Lupin, librement inspiré de l’œuvre mythique de Maurice Leblanc. Au-delà de son savoir-faire, George Kay offre un éclairage inédit sur l’écriture de cette troisième partie qui s'intéresse à la dimension sociale des personnages – un aspect central de cet opus selon lui. À l’image du Paris plus inattendu qu’il révèle … à côté des sites emblématiques toujours aussi présents !

Parlez-moi des nouveaux personnages. De manière générale, au cours des deux premières parties de la série, on a focalisé notre attention sur les hautes sphères de la société française. On pourrait raconter tellement d’histoires pour montrer à quel point ce milieu est fermé en France, mais aussi dans d'autres pays, notamment européens, où la société a été façonnée en classes distinctes au fil de l'histoire. Dans la partie 3, j'ai voulu faire l'inverse : m'intéresser aux origines des personnages qu'on a eu plaisir à rencontrer, voir d'où ils viennent et examiner en quoi la réussite les affecte. Vous verrez que la partie 3 accorde plus d'importance à la dimension sociale du récit et à la place de chacun dans la société. Cela concerne le monde du journalisme, la police (dans Lupin, la police est représentative de la diversité française), mais également l'identité du jeune Assane. L'une des choses à ne jamais oublier quand on devient célèbre, c'est d'où l'on vient. C'est un thème qu'on a voulu explorer. Cela nous a amenés à diversifier encore la distribution, ce qui est un aspect important de la série. On a des comédiens de toutes les origines sociales et ethniques, ce qui assure une représentation moderne de la société française. On a introduit ces nouveaux personnages pour dépoussiérer les représentations habituelles, changer notre antagoniste et explorer de nouveaux thèmes. Vous ne cessez d'explorer de nouveaux quartiers de Paris et de ses environs, et de présenter la capitale comme un terrain de jeu exaltant… En tant que scénariste anglais, je me considère extrêmement privilégié d'écrire une série qui se déroule à Paris, car en tant que touriste, en tant que visiteur, j'ai un regard neuf sur les monuments, les possibilités d'exploration et la beauté de la ville. On a utilisé un certain nombre de monuments dans Lupin pour une scène, un cambriolage ou une cascade, mais comme toujours dans cette série, compte tenu des thèmes qu'on essaie d'aborder, on veut aussi montrer l'autre visage de Paris. Donc, même si on invite les spectateurs à un séjour télévisuel à Paris via Lupin, je veux aussi montrer que la capitale ne se résume pas à ses beaux quartiers et que derrière le périphérique, il y a la banlieue, la vraie vie, l'origine des émotions, et qu'il faut montrer les deux pour créer une série divertissante qui garde les pieds sur terre. Quelles nouvelles scènes marquantes aimeriez-vous que les spectateurs retiennent de cette partie ? Il y a toutes sortes de scènes choc dans la partie 3. On a une grande scène d'ouverture sur la place Vendôme, qui est l'épicentre de la joaillerie française, mais également celui des braquages de bijouteries dans le cinéma français, à qui nous rendons ainsi hommage. Cette séquence nous permet de mettre Assane Diop sur les toits de Paris et de reprendre une iconographie mythique de Lupin. On a beaucoup de scènes marquantes tout au long de la série, mettant en scène des monuments, dont l'Arc de Triomphe. Mais on continue de montrer les banlieues où tout a commencé, avec de petits et grands cambriolages. On a tourné une course-poursuite près de la Fondation Louis Vuitton – on n'arrête pas de trouver de nouveaux décors, car Paris regorge de sources d'inspiration pour les scénaristes. C'est la raison pour laquelle tant de séries s'y déroulent : Lupin, Emily in Paris, mais aussi certains épisodes de Heartstopper. Un grand nombre de super séries prennent la ville pour décor. Tout le monde aime Paris, même si on l'oublie parfois en France. Un dernier mot ? J'aimerais rendre hommage à notre producteur Nathan Franck pour tout son travail. C'est une série d'envergure qui, comme vous l'avez dit, est tournée en grande partie à Paris, mais aussi dans plein d'endroits différents. Il réussit donc un tour de force en la produisant. C'est un futur grand de la production française. Je pense qu'il est facile d'oublier ces personnes indispensables lorsqu'on parle aux acteurs et aux scénaristes, et je voulais donc lui tirer mon chapeau. J'espère que tout le monde appréciera cette nouvelle saison.

Equipe RP France

French PR Team

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