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TOP SECRET: Cinéma et Espionnage - La Collection en association avec la Cinémathèque française

Cinéma et Espionnage

Cinéma et espionnage

Si l’espionnage a toujours autant fasciné la littérature et le cinéma, c’est parce qu’il constitue un formidable matériau dramaturgique. Empruntant au polar, au film de guerre et au thriller politique, il développe des intrigues criminelles énigmatiques, soulève des enjeux liés à la sécurité nationale et offre des séquences d’action spectaculaires. Se revendiquant parfois du divertissement, façon James Bond, ou de la réflexion géopolitique, comme le passionnant Dossier 51 de Michel Deville, le cinéma d’espionnage se prête à toutes les déclinaisons intermédiaires et s’affirme ainsi comme un genre d’un foisonnement hors du commun qui lui a assuré succès et longévité.

Très vite, le récit d’espionnage s’est emparé des outils du langage cinématographique. Car la création d’effets de suspense, l’hypothèse d’un complot visant à déstabiliser le pouvoir politique et la chorégraphie de courses-poursuites effrénées trouvent leur expression la plus aboutie au cinéma. Des cinéastes majeurs, d’Alfred Hitchcock à Fritz Lang, de Joseph Mankiewicz à Paul Greengrass, se sont servi des jeux d’éclairage, du hors-champ, du montage parallèle et du sound design pour manipuler le spectateur et le cramponner à son siège pour son plus grand plaisir.

The Spy

Pour accompagner l’exposition Top Secret : Cinéma et Espionnage organisée par la Cinémathèque française, Netflix a choisi de mettre en place une collection qui réunit longs métrages et séries autour du thème de l’espionnage. Une collection « évolutive » dans la mesure où elle s’enrichira progressivement au rythme de l’arrivée de nouveaux titres sur la plateforme. Déjà très riche, la collection permet de voir ou de revoir des classiques du genre. À commencer par Zero Dark Thirty (2012) de Kathryn Bigelow qui nous plonge, avec une précision quasi documentaire, dans les méandres de l’enquête ayant abouti à la traque de Ben Laden. Sans triomphalisme nationaliste, ni esbroufe, le film est d’une rigueur absolue et d’une tension à couper le souffle. De son côté, Minority Report (2002) de Steven Spielberg, à mi-chemin entre science-fiction et espionnage, est une réflexion captivante – et nécessaire – sur le rapport entre technologie et libre-arbitre. Cette superbe adaptation de Philip K. Dick (Blade Runner), avec un Tom Cruise plus sombre que jamais, est l’un des meilleurs films de son auteur. Signée Doug Liman et Paul Greengrass et portée par Matt Damon, la première trilogie Jason Bourne – La Mémoire dans la peau (2002), La Mort dans la peau (2004) et La Vengeance dans la peau (2007) – nous embarque dans un thriller d’espionnage urbain constamment palpitant qui témoigne d’un stupéfiant sens du rythme et de la narration. 

Queen Sono

Mais la collection réserve aussi de vraies découvertes. Comme la série sud-africaine Queen Sono, du nom d’une espionne aussi frondeuse qu’efficace, fille d’une militante anti-apartheid assassinée une vingtaine d’années plus tôt. Avec un humour ravageur et une véritable élégance dans la mise en scène, cette série met les femmes à l’honneur dans un univers dominé par la testostérone. Dans un tout autre registre, L’étau de Munich (2022) de Christian Schwochow s’attache à la trajectoire de deux amis, au moment de la Conférence de Munich de 1938, emportés dans la tourmente de l’Histoire. Reconstitution très soignée, ménageant des rebondissements inattendus, L’étau de Munich renoue avec la tradition du cinéma d’espionnage engagé de Fritz Lang. Avec L’art de l’espionnage, série documentaire en huit épisodes, on se passionne pour les stratégies de surveillance, les outils de communication, et les « personnages » du monde du renseignement. Formidablement bien documentée et rythmée, la série s’articule autour de plusieurs affaires, plus ou moins connues, qui ont souvent inspiré le cinéma. 

L'Art de l'espionnage

Enfin, la collection n’oublie pas que l’espionnage fait aussi rimer intelligence et divertissement. Avec deux opus jubilatoires de la saga Mission : Impossible, Protocole Fantôme (2011) et Rogue Nation (2015), interprétés par un Tom Cruise au sommet de son art, on se laisse griser par des séquences d’action à couper le souffle, des rebondissements ébouriffants et des moments d’émotion inattendus. Formant un couple incroyablement glamour – Julia Roberts et Clive Owen –, Duplicity (2008) s’amuse également à brouiller les pistes et nous régale des joutes verbales entre ses deux interprètes qui semblent y prendre un plaisir communicatif. Une pépite d’humour noir qui rappelle les thrillers d’espionnage des années 70. 

À suivre !

Sabri Ammar

Directeur Presse

sammar@netflix.com